Amiante : Marine Aubry mise en examen

L’ex patronne du PS a été convoquée par la magistrate en charge de l’affaire de l’amiante pour relancer l’intérêt sur un dossier qui dure depuis seize ans. Tous les responsables politiques et administratifs qui ont été impliqués dans la gestion du dossier de l’amiante durant cette époque doivent désormais rendre des comptes à la justice.

Amiante : Marine Aubry mise en examen

L’accusée

A la suite de longues heures d’audition au « pôle santé » publique du Tribunal de grande instance de Paris, la maire de Lille a annoncé mardi 6 novembre au soir avoir été mise en examen pour homicides et blessures involontaires lorsqu’elle exerçait comme haut fonctionnaire dans les années 1980.

Les victimes

C’est en France, que l’amiante détient le record de la catastrophe sanitaire la plus importante enregistrée ces dernières années. Notons que l’hexagone a pris les premières mesures nécessaires, seulement en 1977, soit 46 ans après le Royaume-Unis.
Ainsi, pour ne citer qu’un exemple, au moment de la mise en place de la première réglementation en 1977, les connaissances disponibles démontraient sans ambiguïté que les mesures employées, ne permettaient en aucun cas de protéger les salariés du risque de cancer.
Cependant, durant près de 20 ans, aucun des responsables politiques et administratifs s’occupant de la prévention des risques liés à l’amiante ont décidé de prendre les mesures primordiales pour éradiquer ce problème.
Ce n’est qu’en 1997, que les pouvoirs publics se mobilisèrent et interdirent ce minéral à texture fibreuse appelé amiante.
Ces retards ont eu et auront des conséquences considérables, se comptant en dizaines de milliers de morts.

Actions de l’Etat

Durant les années 1960, plusieurs cas de mésothéliomes ont été détectés sur des populations vivant à côté des mines, des usines d’amiante ou côtoyant des personnes en contact direct avec ce matériau.
Le premier décret réglementant son usage en France ne date que de 1977 et son interdiction de 1997.
En 2005, un rapport sénatorial avait attaqué l’État pour sa «gestion défaillante» de l’amiante, jugé responsable par les autorités sanitaires de 10 à 20% des cancers du poumon et qui pourrait provoquer 100.000 décès d’ici 2025.
La magistrate du « pôle santé publique » de Paris enquête notamment sur l’action des pouvoirs publics sur la période 1970-1997 (interdiction de l’amiante).
A ce sujet, elle a déjà entendu des dizaines de fonctionnaires, mais aussi des scientifiques, des professeurs et des industriels, et prononcée plusieurs mises en examen.

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