L’infiltrométrie ou test d’étanchéité à l’air

Derrière ce nom mystérieux et savant se cache en fait une pratique couramment utilisée, se développant de plus en plus en France. L’infiltrométrie est employé lorsque l’on cherche à évaluer les infiltrations d’air parasites de l’enveloppe d’un bâtiment.

Infiltrométrie - touslesdiagnostics.com

L’infiltrométrie, pourquoi faire ?

Même si une ventilation est toujours nécessaire, elle doit être régulée pour assurer efficacement le renouvellement de l’air sans perte d’énergie.

Une bonne étanchéité à l’air permet un bon fonctionnement des systèmes de ventilation et assure ainsi :

• Une bonne qualité de l’air;
• La conservation du bâti;
• Un bon confort acoustique et thermique;
• Une réduction des dépenses de chauffage et donc des économies d’énergie !

Aujourd’hui en France, lorsqu’on parle d’efficacité de l’isolation thermique des bâtiments, on sous-entend l’emploi de matériaux isolants très performants afin de limiter les transferts de chaleur à travers les parois.

Un bâtiment peut avoir des épaisseurs d’isolants importantes et être tout de même énergivore du fait d’une mauvaise étanchéité à l’air.

La France commence tout juste à attacher de l’importance à ce problème qui constitue une réelle progression en matière d’économie d’énergie.

On estime de 15 à 20 kWh/m2/an l’augmentation de la consommation de chauffage des bâtiments standards en France due à une mauvaise étanchéité, par rapport à un bâtiment imperméable. Ces valeurs sont fortement augmentées quand il s’agit de logements construits avant 1975 (environ 63% du parc de logement actuel). En effet, il n’existait pas encore de Réglementation Thermique en vigueur et ces logements sont, pour la plupart, de véritables « passoires » thermiques.

Comment évaluer l’étanchéité à l’air ?

Un test d’étanchéité à l’air se fait grâce à un dispositif spécifique.

Dans un premier temps, les entrées et sorties d’air volontaires sont obturées.

On met alors en place le Blower Door, une porte soufflante en nylon étanche, munie d’un ou plusieurs ventilateurs, qui va permettre de créer une différence de pression entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment. Cela va alors accentuer légèrement les fuites d’air parasites existantes, de manière à pouvoir plus facilement les localiser. Une mesure du débit de fuite est déterminée grâce à un manomètre (instrument servant à mesurer une pression) situé dans la toile en nylon.

La deuxième étape du test d’infiltrométrie consiste à détecter les endroits où les fuites d’air ont lieu à l’aide d’une poire à fumée. A pression forte, le technicien fait le tour du bâtiment en envoyant de la fumée.

À l’aide d’une interface informatique, on peut précisément localiser des défauts d’étanchéité pour déceler les points prioritaires à résoudre (équipé d’une caméra thermique et de générateur de fumée), que ce soit dans le cadre d’une construction neuve ou d’une rénovation.

Une pratique non-obligatoire mais primordiale

Habituellement, les points d’inétanchéités à vérifier peuvent être multiples tels que :

• Les liaisons entre façades et parois;
• Les menuiseries extérieures;
• Les équipements électriques;
• Ou encore les trappes et canalisations;

En rénovation, un bilan énergétique de qualité doit prendre en considération ce test d’infiltrométrie. Sans la maîtrise des infiltrations d’air, quelles soient contrôlées (ventilation) ou parasites (fuites), un bâtiment ne pourra jamais être considéré comme étant à basse consommation d’énergie. Une bonne étanchéité est nécessaire pour assurer un renouvellement d’air neuf.

Le label BBC-Effinergie et la RT 2012 imposent d’ailleurs un contrôle de perméabilité obligatoire en fin de chantier.

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